mardi 23 juin 2009

Randonnée dans les Vosges - 2

Pour lire le récit depuis le départ c'est ici !

Mercredi 29 Avril 2009 - Deuxième jour

Avant de m'endormir, alors que le soleil se couche, j'entends de drôles de bruits.

Je me demande bien ce que c'est... on dirait un chat ou un chien. Vraiment bizarre. Je ne sors pas la tête de la tente mais il me semble que le bruit vient de 200 mètres de là tout au plus, juste au dessus...

Je ne le sais qu'aujourd'hui mais il s'agissait vraisemblablement d'un lynx ! Il y en a apparemment une grosse vingtaine de spécimens qui vivent actuellement dans les Vosges...

Sinon la nuit est excellente, bien que assez fraîche (5°C mini durant la nuit). Heureusement mon sac de couchage fait bien se boulot et je n'ai pas besoin de sortir mon pyjama !

Je me réveille vers 6h30, le temps est gris mais les oiseaux ont tout de même choisi de faire un concert en l'honneur du soleil qui est debout depuis un moment, lui. Je rêvasse tranquillement jusqu'à 7h00, puis je prends je fais chauffer de l'eau à l'extérieur sans quitter mon duvet. Au menu : céréales avec lait en poudre, puis thé vert pour finir de se réveiller.

J'arrive enfin à émerger, je m'habille et je pars "faire de l'eau" à nouveau sur la source un peu au-dessus. Une fois tout le matériel dans le sac à dos, il est 8h00. Je décide de couper à travers champs pour rejoindre le GR qui passe par Le Bonhomme, en espérant trouver une rivière afin d'y faire ma toilette matinale.
Je la trouve un peu plus loin, l'eau est fraîche mais ça stimule bien !

Le village Le Bonhomme (quel drôle de nom !)

Au village pas grand chose à voir, à cette heure-ci il n'y a pas grand monde...

Ça monte ensuite assez fortement et je reprends assez vite un peu d'altitude.

Au bout d'une heure depuis le village, j'arrive à l'étang du Devin, qui ressemble plutôt à une vaste mare.


Etang du Devin

On trouve également pas mal de vestiges allemands datant de la Grande Guerre. Il s'agit surtout de points de ravitaillement, on est assez loin encore du front avec ses tranchées.

Cet édifice sert aujourd'hui d'abri pour les randonneurs, on y trouve des tables et des chaises. Aux murs quelques affiches expliquent les conditions de vie des soldats à cet endroit.

Il commence à pleuvoir une sorte de crachin pas très agréable, mais en marchant ça se passe bien. Je continue de monter et je croise un local peu bavard qui redescend.

J'arrive à la Roche du Corbeau, un lieu en hauteur où parvenait un téléphérique allemand, remontant les munitions vers le front. Toute cette logistique me paraît aujourd'hui effrayante, ces bâtiments témoignent aujourd'hui de cette première guerre industrielle...

Arrivée du téléphérique. Depuis là un wagonnet partait ensuite vers le front avec les munitions.

Je passe les 1200 mètres d'altitude et maintenant c'est la neige fondue qui tombe. Cela contribue encore plus à la dureté du paysage qui m'entoure alors : barbelés, tranchées refermées, postes de tirs aménagés dans les rochers, trou d'obus encore visibles dans le sol... Je suis dans les tranchées allemandes et je suis vraiment ému, impressionné. J'imagine les soldats sous le feu ennemi, dans des conditions hivernales sans doute très difficile, surtout avec le matériel rudimentaire de l'époque. Grosse impression de gâchis quand on voit tout cela.

Tête des Faux : tranchées, trous d'obus et barbelés

Je repars assez vite car il fait assez froid avec la neige qui continue de tomber, et je bascule sur un col, le côté français du front.


La neige est encore bien présente à cette altitude. Heureusement j'ai pris des chaussures hautes étanches, ce qui me permet de marcher longtemps dans la neige. Sur la photo, j'étais tout de même bien content que le GR5 parte sur la droite en descente vers le Col du Calvaire (pas très joyeux tout ça !)

Après cette séquence émotion, j'attaque maintenant la partie qui sera la plus belle de toute ma traversée. Cela début par une montée très raide sur les crêtes au dessus du Lac Blanc. Cette montée est magnifique, car sans quitter le lac des yeux on prend beaucoup de hauteur et le spectacle est vraiment magnifique. Dommage que la météo ne soit pas au rendez-vous !

Je rejoints dans la montée une hollandaise qui parcours elle aussi le GR5 en solitaire, sauf qu'elle est partie du Luxembourg et qu'elle compte arriver jusqu'à la Méditerranée ! Elle m'a l'air bien motivée en tout cas, on dirait bien qu'elle sait ce qu'elle veut. Elle s'est un peu plus chargé que moi pour son long périple mais me dit qu'elle prévoit tout de même pas mal d'arrêts dans les fermes auberges qui jalonnent le GR5, afin de se ravitailler facilement et de s'y offrir quelques nuits confortables.

Étant plus léger, je passe devant elle et la distance assez vite, si ce n'est quelques pauses pour prendre le paysage en photo...
La montée au dessus du Lac Blanc

J'arrive enfin sur la crête au dessus du lac et je me retrouve avec une grande steppe très ventée sur la droite et un long précipice rocheux sur la gauche sur une douzaine de kilomètres.
Un paysage de steppe très venté... Heureusement il ne pleut plus !
Incroyable passage au milieu de nulle part

Au dessus du Lac Vert, on retrouve la falaise, qui se recouvre par endroit de neige. L'altitude est d'environ 1330 mètres et je resterai à ce niveau jusqu'en milieu d'après midi le long de la crête. Le vent est glacial mais je n'ai pas froid, je regrette juste de ne pas avoir prévu de cache col.

Je m'arrête grignoter un bout de saucisson et quelques fruits secs le midi dans un endroit protégé par le vent, avec la vue vers la vallée. Je vais devoir reprendre un peu d'altitude en montant sur le Hohneck à 1363 mètres avant de redescendre sur le village de Metzeral.

à l'approche du Hohneck, pentes vertigineuses vers le lac de Schiessrothried

Le chemin longe la corniche au dessus du vide et avec le vent et la neige c'est très impressionnant. Surtout que de grosses fissures apparaissent dans le sol juste au dessus. Pas téméraire pour deux sous je tente parfois de m'éloigner du précipice en emprunte d'autres voies. En approchant du sommet du Hohneck, il faut même parfois éviter la neige qui camoufle encore complètement le sentier...

J''arrive enfin au sommet du Hohneck, le deuxième sommet des Vosges, avec ses 1364 mètres. Quelques touristes sont là à profiter de l'auberge située en bord de route. Il y a un joli panorama mais compte tenu du vent et de la faible visibilité, je ne m'attarde pas et je redescends par le versant Sud, plus protégé par le vent.

Début de la descente vers Metzeral : panorama magnifique

La descente vers Metzeral est assez longue (on redescend à 490 mètres) mais absolument magnifique. Les sentiers sont très bien aménagés, on doit notamment emprunter de nombreux ponts en bois très bien aménagés.

Un exemple d'aménagement : un joli kiosque qui invite à faire une pause

Arrivé à Metzeral il est près de 16 heures et il serait dommage de s'arrête de marcher si tôt... je fais donc le tour du village, remplis ma gourde sur la place de la Mairie. Je passe me ravitailler à l'épicerie du coin et en profite pour m'offrir un goûter avec des gâteaux au chocolat, quelques kiwis et fruits secs pour la route. Je repars après un long arrêt retrouver le sentier vers Mittlach (prononcer "Mite Lard" !).

En réalité, arrivé à Mittlach je suis assez lassé par le dénivellé plat et je commencer à chercher un lieu pour planter ma tente. Je cherche très longtemps le lieu idéal : loin des habitations, proche d'une rivière sur un endroit plat... Je ne trouve que très tard mon futur nid du côté de Mittlach Le Haut, c'est pas trop tôt car je commence à avoir des ampoules aux pieds. Je me dépêche de monter la tente et perd une sardine, catapultée par l'élastique du toit... Un morceau de bois la remplacera sans problème. Le repas est pris rapidement (parmentier lyophilisé... humm moyen !) car je suis pressé de m'endormir.

Ma tente, le lendemain, au pied d'arbres géants... pourvu que ça tienne !

La nuit tombe, et j'entends à nouveau les cris de la veille... Incroyable ! Aurai-je été suivi ?

Bilan de la journée : 48 km en 11 heures


Le Bonhomme - Mittlach

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Pour entendre d'autres bruits d'animaux, c'est ici

mercredi 20 mai 2009

Randonnée dans les Vosges -1

Bon après maintes demandes je finis par m'y coller comme promis !

Mardi 28 Avril - Premier Jour
Je suis dans le TGV qui part vers Strasbourg - ambiance ZEN car je tombe par hasard dans un wagon où il est interdit de faire du bruit ou de discuter... Le contrôleur est là pour faire respecter la consigne et intervenir gentiment quand quelques personnes en dénoncent d'autres.
Je dois arriver à Strasbourg vers 10h30. J'estime que je pourrai rejoindre le point de départ de ma rando sur le GR5 vers midi à Ribeauvillé.
Manque de bol, arrivé à Strasbourg, je me pointe au guichet en demandant un billet pour Ribeauvillé. Le gars n'a pas trop l'habitude visiblement et doit demander à ces collègues si il y a bien un train ou un bus pour la ville. Il me tend finalement un billet en me disant que le prochain train part vers midi puis qu'il faut prendre un bus. Ça me fait arriver un peu avant 13 heures : je vais mettre autant de temps que pour faire Strasbourg-Paris en TGV !

La gare de Strasbourg sous la pluie
Du coup je me tiens je vais pouvoir visiter un peu Strasbourg en attendant. Je charge mon sac sur le dos, et puis il me manque quelque chose... Mes batons ! je les ai oubliés dans le train !!! Quel boulet !!! Bon c'est rapé je peux pas les récupérer car le terminus est à Bâle et que le train est parti depuis longtemps.
Perdre mes bâtons c'est pas vraiment la cata (mais bon ce sont quand même de sacrés bons bâtons), mais le gros soucis c'est qu'ils étaient prévus pour faire office de piquet de tente... là ça devient un peu plus gênant !
Du coup je pars illico dans le centre ville à la recherche de nouveaux bâtons... J'en trouve à un magasin de Sport. Chouette il me reste du temps pour récupérer une carte du Club Vosgien (la N°6) où apparait tous les parcours de randonnée balisés... Je pars la récupérer au magasin du Vieux Campeur que l'on vient de me situer (si j'avais su j'aurai pris mes bâtons là bas !). Il commence alors à tomber une belle averse. La vendeuse me dit : "Vous n'avez pas de chance avec la météo... bonne rando quand même !". Hé oui, fagoté comme j'étais elle voyait bien que j'étais pas là pour cueillir des fraises...
C'est bon tout est en place, j'ai finalement juste le temps de retourner à la gare prendre mon train pour Sélestat puis Ribeauvillé en bus. Pfiou ! l'aventure commence bien...
Je mange un morceau avant de prendre mon train et j'arrive à Sélestat sans soucis. J'ai vu défiler la partie Nord des Vosges que je ferai pas, j'ai préféré m'orienter vers les Hautes Vosges, en espérant pouvoir monter au point culminant Le Grand Ballon pointant à 1424m vers la fin de mon parcours.
La gare de Sélestat
Arrivé à Sélestat une rangée de Bus nous attendent. Je charge mes affaires dans celui qu'on m'indique pour Ribeauvillé. et j'attends dehors le départ. Au bout d'un moement le chauffeur me demande : "vous attendez quelqu'un ? - Non -Bon ben on peut y aller alors". J'étais seul dans le bus !
Ribeauvillé est une belle ville rupestre... et même parfois un peu trop soignée à mon goût : on sent bien qu'une grosse partie des commerces est tournée vers le tourisme, ça renifle le made in Alsace à plein nez ! Mais je suis heureux et peut-être même rassuré de voir enfin le style de maison que l'on imagine bien y trouver... Je me rends au fond du village pour récupérer le sentier du GR5, pas évident à trouver au début et puis c'est bon c'est parti.
L'entrée de la ville avec ses châteaux haut-dessus
Une jolie petite place

Quelques saucissons bien alléchants... mais bon j'ai déjà deux saucissons ariégeois avec moi !

La pluie tombe par intermittence mais ça a l'air de s'éclaircir petit à petit. Le soucis c'est surtout quand l'on doit traverser des passages au milieu d'arbustes bien humides...
Je prends vite un rythme très soutenu, en m'appuyant fort sur mes bâtons tout neufs, je suis tout simplement heureux de pouvoir m'en donner à cœur joie et je prends du plaisir à l'effort. Les muscles se souviennent encore des efforts produits lors du Trail des Citadelles réalisé 15 jours plus tôt mais la forme est bien là.
Au bout d'une 1h40 de marche et 700 mètres de dénivelé, j'arrive au rocher du Koenigsstuhl, "le siège du Roi". Je résiste pas à l'envie de m'assoir dessus, même si ça mouille un peu les fesses...
Le Roi aux fesses mouillées et ses bâtons tout neufs

Petit à petit on prend de l'altitude et les paysages me font parfois penser à ma tendre Ariège.
Je passe ensuite Aubure, le village le plus haut des Vosges, situé à 800 mètres. Et je me retrouve ensuite dans une forêt de séquoias impressionnants. Quelques palombières ont été montées par des chasseurs, mais ça donne pas envie de monter y jeter un coup d'œil : elles sont très hautes et le bois semble pourri !
Je parviens petit à petit à la hauteur des crêtes, que je vais suivre dorénavant tout le long de mon parcours autour des 1200 mètres d'altitude... J'aurai souvent l'occasion de croiser des balises qui matérialisaient la frontière entre la France et l'Allemagne entre 1871 et 1914. Sur la pierre il y a d'ailleurs un F et un D encore gravés...
Autre particularité de ce sentier, et de tous les sentiers des Vosges d'ailleurs, est qu'il sont extrêmement bien entretenu et équipés d'abris tout confort (c'est parfois très impressionant !) par le Club Vosgien...
Sur cette photo, prise sur le Grand Brézouard, un abri avec sous le toit un plancher faisant office de dortoir et au rez-de-chaussez une grande table avec une belle cheminée.

Je redescends ensuite sur le Col des Bagenelles où j'espère trouver un peu d'eau au refuge du Club Vosgiens. Malheureusement il n'est pas encore ouvert, c'est trop tôt pour la saison... Je vois un panneau indiquant une ferme auberge plus ou moins dans la direction de mon itinéraire, peut-être que je pourrai y trouver un peu d'eau à cet endroit. J'emprunte la route goudronnée assez monotone, et malheureusement là aussi c'est fermé... Pas de panique, je trouve un petit ruisseau pas loin de la ferme dans lequel je puise un peu d'eau que je vais purifier avec une tablette. Je descend un peu dans les champs pour me rapprocher du GR5 en direction de Le Bonhomme.

Mais il commence à se faire tard, il est près de 19h00, la nuit va tomber, et faut que je trouve où planter la tente. Je trouve un petit coin dans l'herbe sur un surplomb... ça ira très bien. Le petit ruisseau ne reste pas trè loin ça me permettra de "refaire" un peu d'eau pour le petit déj'.


Mon premier repas est avalé rapidement et n'est pas si mauvais pour un plat lyophilisé (j'avais visé léger pour le chargement de mon sac). Je prends aussi une soupe miso facile à faire et qui fait du bien, car il fait pas vraiment chaud quand même.

Je n'aurai croisé personne sur le chemin aujourd'hui. Normal, il fait neau très beau il faut le reconnaître et puis on est mardi, tout le monde bosse !

Puis je dors comme un bébé avec quand même un léger mal de crâne, dû sans doute à la fatigue.

Bilan de la journée : 30 kms en 5 heures et demie 1200m D+

Pour la suite c'est ici

Ribeauvillé - Le Bonhomme

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dimanche 26 avril 2009

Petite ballade dans les Vosges

Je prévois une petite rando en solitaire de 5 jours dans les Vosges...

Petite rando tranquille qui risque de se faire sous la pluie... décidément la malédiction du Trail des Citadelles me poursuit...

Avec un peu de chance j'y trouverai tout de même un peu moins de boue !

Mon sac est prêt, mes billets de train vers Strasbourg sont pris. Pourquoi les Vosges ? ben parce que je connais pas du tout !

Départ mardi matin, retour dimanche prochain.

Vous pourrez suivre l'évolution de mon périple sur le plan situé juste ci-dessous ou bien ICI... Attention ce ne sera mis à jour que 2 à 3 fois par jour seulement car je vais essayer de préserver la batterie du téléphone... Alors ne prévenez pas les gendarmes dès que ça ne bouge plus ! ;)

Au retour, promis, des photos et des anecdotes.